Nous avons interrogé la société Fonroche sur les risques susceptibles d’être générés par le processus de méthanisation : explosions, émanations toxiques, odeurs  etc… .
Nous avons rencontré le commissaire enquêteur dans le cadre de l’enquête publique, et nous l’avons interpellé sur la dangérosité de ce type d’installation.

Il nous a répondu qu’à son tour, il demanderait, es qualité, des précisions à la société Fonroche, sur les risques énumérés. Il a souligné que les réponses apportées auraient alors valeur d’engagement.

En dehors de l’association, une seule personne s’est manifestée lors de l’enquête publique: elle ne réside pas dans la zone des 5 sites.

Voici donc les réponses de Fabien HAAS, Responsable du Pôle Projets Biogaz à Fonroche Elles font suite à l’article publié dans le journal “La Feuille” no 1528 (extraits en vert).

« Ce processus génère des risques à prendre en compte et contre lesquels il faut se protéger. La formation d’une atmosphère explosive, une éventuelle dispersion toxique accidentelle, l’éclatement d’une enceinte ou l’épandage accidentel »

 « Les risques chroniques, sur longue durée, les émanations de biogaz dans l’air et les produits de combustion du biogaz »

Il y a très peu de pression dans le digesteur. Elle est quasi équivalente à la pression atmosphérique. Il n’y a pas de stockage de gaz sur le site de l’unité de méthanisation et le gaz est directement consommé. Nos cuves seront équipées d’une surveillance en continu et d’éléments de sécurité conformément à la réglementation en vigueur qui garantissent une sécurité maximale (torchère, soupapes).

De plus, le projet est soumis à une ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), ce qui encadre l’activité avec des règles strictes, et impose de prévoir, estimer, prévenir et maîtriser les risques. Les services techniques de la DREAL en particulier s’assurent du respect de l’ensemble de ces règles.

« A ces risques d’émanations d’hydrogène sulfuré (H2S), il faut ajouter les odeurs et la prolifération des mouches »

L’hydrogène sulfuré fait l’objet d’une attention particulière sur le site de méthanisation, des mesures sont mises en place afin d’en assurer son suivi. Ce composé est émis lors de la fermentation en conditions anaérobies (sans oxygène) de matière organique particulièrement riche en composés soufrés. Les risques d’émissions se situent au niveau du stockage des substrats et des canalisations, ce composé n’est donc en aucun cas à mis en contact de l’air extérieur, l’air de bâtiment de déchargement étant traité par biofiltre et des aspirations spécifiques étant mises en place au déchargement.

Nous avons opté pour deux solutions qui permettront d’éliminer la présence d’insectes. La première : 100% de la matière sera stockée et manipulée dans un bâtiment et non à l’air libre. La seconde : le bâtiment est clos, étanche et l’air y sera filtré par un système de lavage et de bio-filtre

Au niveau olfactif : le bâtiment principal sera fermé, étanche et l’ensemble de l’air sera capté et traité par un lavage et un système de traitement bio-filtre.

« L’institut INERIS classe parmi les déchets les plus à risque ceux qui proviennent des animaux. La graisse peut boucher les tuyaux, provoquer des explosions et des dégagements de gaz toxiques, voire mortel »

La graisse provenant des animaux représentera sur notre site 0.06 % du tonnage total. Cette matière est présente en quantité infime.

Pour justifier de l’innocuité du contenu du digesteur en cas d’explosion, voici quelques arguments:

La phase d’hygiénisation sera réalisée pour le projet ce qui permet un taux d’abattement des organismes pathogènes de 80%. Cette phase consiste à chauffer les matières entrantes à 70°C pendant une heure avant leur entrée dans le digesteur.

Les teneurs en éléments microbiologiques pathogènes ne dépasseront pas les limites critiques dictées par la réglementation :

-Salmonelles<8NPP/10 g MS

-Entérobactéries < 3 NPPUC/ 10 gMS

-Œuf d’helminthes pathogènes viables < 3/10g MS

« un épandage accidentel qui polluerait les sols : azote ou bactéries dans les déchets d’animaux (salmonelle, listeria…) »

De manière générale, les matières entrantes sont dans un premier temps déversées dans une cuve de réception unique, avant de passer dans une cuve de mélange. Cette cuve permet d’homogénéiser la ration et d’ajouter le volume d’eau nécessaire pour obtenir un pourcentage de MS optima.

De plus, une hygiénisation est mise en œuvre sur le site, qui consiste à chauffer les matières à 70°C pendant au moins une heure. Ces conditions réduisent significativement la quantité de germes pathogènes par rapport à des effluents non méthanisés et épandus directement.

« Il est important que les installations soient conçues de manière adéquate et les personnels formés sur la question des risques »

-Située à Skanderborg au Danemark, la société BIGADAN met en place la technologie de méthanisation au niveau international depuis plus de 25 ans. Spécialisé dans les implantations de méthanisation, BIGADAN met au service de ses clients ses compétences concernant la mise en service, l’exploitation, la maintenance, et la rénovation d’unités de méthanisation.

-L’expérience de la société s’appuie sur la mise en place et l’exploitation de 20 usines de méthanisation collectives, et 60 usines de méthanisation à l’échelle de la ferme. BIGADAN possède également plus de 35 installations de référence à travers le monde.

La maintenance de l’installation est assurée par des entreprises spécialisées dans leur domaine. Elle interviendra à 3 niveaux :

1) Le processus de digestion

L’ensemble des paramètres de l’installation sera suivi 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, via la télémétrie des données. En plus du suivi biologique assuré par le système et afin d’obtenir un rendement optimum et sécurisé de l’installation, chaque semaine un échantillon du contenu du digesteur, sera envoyé en laboratoire pour vérification des paramètres biologiques de fonctionnement. Une analyse de digestat par mois sera également réalisée, pour les mêmes raisons.

2) Maintenance électrique, mécanique et informatique

Des équipes spécialisées et agréées seront en mesure d’intervenir pour assurer l’entretien et les réparations des éléments électriques, mécaniques ou informatiques indispensables au fonctionnement de l’installation, dans un délai minimum.

3) Maintenance cogénération

L’ensemble des opérations d’entretien (planifiées) ou de réparation seront assurées par une entreprise agréée par le fournisseur de la cogénération.