L’est villeneuvois voit se clore un chapitre des plus encombrants. Près de sept ans après la liquidation de la Ctuc qui a mis la clef sous la porte en laissant derrière une incroyable montagne de pneus usagés, le coteau de Saint-Germain vient de se voir entièrement débarrassé du vilain point noir qui lui mutilait le visage.

Les pneus en 2010 (photo Sud-Ouest)
Les pneus en 2010 (photo Sud-Ouest)

Le 17 septembre dernier, l’entreprise girondine Alcyon, mandatée pour faire place nette, est arrivée au bout d’un chantier entamé 10 mois plus tôt. Au final, ses ouvriers auront très exactement débarrassé 4 674 tonnes de matière caoutchouteuse. Les trois-quarts ont connu ou vont connaître une deuxième vie comme combustible. Le reste va être réexploité pour consolider des sols ou créer des murs protecteurs.

QUEL SORT ?

Les pneus de Saint-Germain ont pris trois directions différentes. Les trois-quarts d’entre eux (véhicules légers, de 4×4, de camionnettes et d’engins agricoles) ont été ou vont être broyés pour alimenter le four d’une cimenterie. Le quart restant n’est pas lui voué à la destruction : 1 096 tonnes de pneus de poids lourds vont nourrir des murs anti-avalanches ou anti-chute de pierres. 35 tonnes de pneus dédiés au génie civil sont eux réemployés dans le réaménagement de carrières en fin d’exploitation.

Un chantier à 600 000 euros.

Ce chapitre se clôt après avoir constitué un véritable casse-tête. Il y a trois ans, la préfecture a décidé de s’emparer du problème à bras-le-corps. S’appuyant sur le Code de l’environnement, elle s’est d’abord tournée vers les anciens clients de la Ctuc pour leur réclamer de reprendre leurs biens, leur rappelant que la loi veut que le propriétaire d’un pneu le reste jusqu’à sa destruction ou son recyclage et ce, même si elle a confié cette tâche à un autre. De cette manière et malgré de légitimes mécontentements, 2 000 tonnes ont pu être sorties. Les autorités se sont ensuite chargées de faire classer «site orphelin» ce que tout le monde appelait «la décharge de pneus», préalable indispensable pour transmettre la patate chaude à Recyvalor.

Cet organisme constitué par 26 professionnels du pneumatique – des fabricants, des distributeurs, des professionnels de la réparation et de l’entretien automobile, etc. – et créé sous l’égide du ministère de l’Écologie, s’engage depuis 2008 à faire disparaître les stocks historiques de pneumatiques usagés. Villeneuve est arrivé sur le haut de la pile de chantier de retraitement l’an dernier. Recyvalor a engagé 600 000 euros dans ce grand nettoyage. Il a été financé pour un tiers par les fabricants, un tiers par les distributeurs et un tiers par l’État.

Le coteau reprend des couleurs, libéré d’une plaie environnementale qui, pendant sept ans, n’aura fait que le seul bonheur des moustiques.
Villeneuve-sur-Lot

[Article Sud-Ouest publié le 25/9/2013]