Estomac géant prêt à digérer fin 2014

Publié le 14 janvier 2013

Le projet est entré dans sa phase administrative avec un début de l’enquête publique d’ici quelques mois. Fonroche a déjà rencontré les riverains.

L’unité de méthanisation, qui viendra s’implanter dans la zone de la Boulbène (lire « Sud Ouest » du 29 février 2012), sera mise en service fin 2014 ou au plus tard début 2015 avec un lancement du chantier espéré à la fin de cette année. Le dossier en est actuellement à sa phase administrative et devrait aboutir dans les prochains mois à l’instruction de l’enquête publique. Toutefois, Fonroche, porteur du projet, n’a pas attendu cette phase pour rencontrer les riverains par l’intermédiaire de l’association de défense des cinq sites afin de leur expliquer la nature du projet et dissiper leurs inquiétudes. À cette fin, les techniciens ont d’ailleurs reçu les représentants de l’association sur le site de Fonroche.

7 à 8 millions d’euros

Rappelons que cette unité de méthanisation, la première du genre en France à employer la technologie de l’industriel danois Bigadan, va être réalisée et gérée par la société agenaise Fonroche Energies, troisième producteur d’énergies renouvelables en France derrière EDF et GDF. L’investissement requis serait de 7 à 8 millions d’euros pour cet équipement qui va produire d’une part du biogaz susceptible d’être converti en électricité et en énergie thermique, et d’autre part du fertilisant pour les terres agricoles.

 

L’industriel a d’ores et déjà acheté le terrain d’une superficie d’1,5 hectares à côté de la société Villeneuve Pet Food (qui produit de la nourriture pour chiens et chats) qui sera le premier partenaire de Fonroche dans ce dossier. L’unité de méthanisation sera en effet couplée avec le process de Villeneuve Pet Food. Cette dernière fournira le gros de la matière première (les déchets de sa production) en échange de quoi il récupérera l’énergie thermique produite par l’unité de méthanisation qui fonctionne grosso modo comme un estomac géant (lire par ailleurs). L’apport d’intrants ne devrait néanmoins ne pas se limiter à Villeneuve Pet Food.

La pruniculture intéressée

Fonroche est actuellement en négociations avec d’autres secteurs de l’agroalimentaire et notamment avec la filière prunicole qui pourrait ainsi valoriser ses déchets. « Mais également des déchets de céréales, de laiterie, de boues de station d’épuration mais en aucun cas des déchets ménagers », assure Bastien Danni, responsable du marketing et de la communication chez Fonroche. Des contacts avec une trentaine d’entreprises ont été noués et des discussions sont en cours. Le travail auprès des riverains est l’autre front sur lequel l’insdustriel s’est employé.

« On a expliqué aux riverains que tous ces déchets étaient traités en circuit fermé et donc qu’il n’y avait pas d’odeurs qui s’en dégageaient. Mieux, par rapport à la situation actuelle à Villeneuve Pet Food où des odeurs incommodent le voisinage, on va apporter une solution puisqu’on va traiter les déchets desquels se dégageaient les effluves incriminées. »

Le futur site d’exploitation comportera une plateforme logistique depuis laquelle six camions bennes étanches iront collecter les déchets, cela comme l’affirme Fonroche dans un rayon maximal de 50 kilomètres « cela, dans un souci environnemental ».

Dans un autre souci, celui de la transparence, Fonroche envisage d’exposer les détails de l’ensemble du projet lors d’une réunion publique qui aura lieu à la mairie de Villeneuve-sur-Lot dans le courant de l’année.

 

[Article par Bastien Souperbie, publié dans Sud Ouest le 12/1/2013]