« La tête dans les étoiles, les pieds entourés de chats. » C’est ainsi, pendant une trentaine d’années, qu’il se résumait. Un journaliste scientifique, spécialisé dans l’espace et amoureux de Chartreux. Aujourd’hui Martin Ransom a pris sa retraite, mais chérit toujours cette passion qui a dominé sa vie professionnelle.

En plateau lors de l’arrivée de la sonde Huygens sur Titan

« J’ai eu l’immense privilège de côtoyer des ingénieurs qui avec patience et grande rigueur construisent des satellites et des fusées. Et puis les utilisateurs de ces bijoux de technologie, souvent des scientifiques et astronomes qui cherchent à élucider les mystères de l’Univers. »

Martin avait la tâche de faire connaître ces activités auprès d’un large public, avec des articles de presse, des sites web et surtout des vidéos. Des sujets parfois complexes qu’il fallait traduire en termes simples. Chaque sujet avait un attrait, souvent rempli de suspense et d’émotion, couronnés de beaux succès et parfois d’échecs cuisants.

« Je me souviendrai toujours des pleurs du responsable d’un projet de quatre satellites scientifiques qui venaient de retomber dans la mangrove après l’explosion de la toute première Ariane-5. Tant d’années de travail anéanties en quelques secondes. Un lancement de fusée ne sera jamais de la routine, tout doit fonctionner parfaitement pour réussir. Pour quelque lignes de code informatique erronées, ce n’était pas le cas ce jour-là.»

Les larmes lors d’une autre mission étaient bien différentes. « Faire le commentaire du lancement d’une sonde spatiale qui part explorer la planète Saturne et ses lunes, puis assister sept ans plus tard quand la capsule fabriquée en Europe qu’elle portait a atterri sur Titan, la plus grosse de ces lunes, ces moments ont été les plus intenses de ma carrière. Nous pleurions de joie, ingénieurs et scientifiques, à cet exploit quasiment inespéré. »

Pourtant – et Martin Ransom le reconnaît – beaucoup de gens ne voient pas l’intérêt de la recherche scientifique. Mais les nouvelles connaissances qu’elles apportent sont souvent cruciales pour notre avenir à tous sur Terre.

« Les sondes qui orbitent aujourd’hui, par exemple, autour de Mars ou de Venus nous éclairent sur leur évolution. La sonde américaine Curiosity nous a confirmé que l’eau coulait bien autrefois sur la surface de Mars ; le satellite Européen Venus Express nous démontre comment une planète peut perdre son atmosphère et devenir un enfer inhabitable. Ce sont là des leçons pour nous Terriens. Il est impératif de sauvegarder notre environnement, et d’écarter les dangers, certes à long terme mais bien réels, qui nous guettent. »

Aujourd’hui ce franco-britannique se consacre à ses chats, aide à la gestion de la société de production vidéo de son fils au Brésil, fait des randonnées régulières dans notre beau Sud-Ouest… et souvent le soir, contemple les étoiles en se souvenant de ces missions spatiales passionnantes.